Quand l'autorité devient humiliation | Connaitre et Grandir

Publié le 15 mars 2026 à 03:46

Crédit: Connaitre et Grandir

Dans certaines réunions, les mots cessent d’être des outils de travail. Ils deviennent des armes destructrices. 

L’autorité est nécessaire dans toute organisation. Elle permet de décider, de coordonner et de corriger lorsque nécessair; mais il arrive qu’elle franchisse, parfois, une limite. À partir de ce moment, l’autorité ne guide plus. Elle écrase.

Dans certaines situations professionnelles, la correction d’une erreur se transforme en humiliation publique. Ce qui devrait être un acte de leadership devient alors une démonstration de pouvoir.

Comprendre cette différence est essentiel, car une autorité respectée n’est jamais fondée sur l’humiliation.

Corriger n'est pas rabaisser

Crédit: Shkraba Anthony / Pexels

Tout responsable doit parfois corriger. Honnêtement, une erreur peut coûter du temps, de l’argent ou de la crédibilité, mais cela ne signifie pas de rabaisser l'autre.

Corriger consiste à identifier un problème et à expliquer comment l’améliorer. Humilier, par contre, consiste à exposer la personne elle-même, souvent devant d’autres, dans le but implicite de la diminuer.

Dans le premier cas, on traite un comportement. Tandis que dans le second, on attaque une dignité.

L’humiliation comme démonstration de pouvoir

Crédit: Yan Krukov / Pexels

Certaines formes d’autorité reposent moins sur la compétence que sur la domination. Dans plusieurs milieux professionnels que j’ai observés, l’humiliation s’installe parfois comme un outil implicite de gestion.

Parmi les nombreuses réunions auxquelles j’ai assisté au fil de mes expériences dans différentes institutions, l’une d’elles me revient particulièrement en mémoire : un employé tentait d’expliquer une difficulté technique. Il n’a pas terminé sa phrase. Le superviseur l’a interrompu avec un rire ironique, puis a lancé :
« C’est pourtant simple. »

La salle est devenue silencieuse. Personne n’a voulu parler ensuite.

On interrompt brutalement.
On transforme une erreur en spectacle.
On parle sur un ton qui n’aurait jamais été utilisé avec un égal.

Ces attitudes ne renforcent pas le respect. Elles créent plutôt un climat de peur où les personnes cessent progressivement de contribuer avec confiance.

Le respect renforce l'autorité

Crédit: Fauxels /Pexels

Contrairement à ce que certains pensent, le respect ne diminue pas l’autorité. Il la renforce.

J’ai eu la chance, au cours de mon parcours professionnel, de travailler avec une superviseuse qui en était l’illustration. Elle corrigeait les erreurs avec calme, sans jamais humilier. Son ton restait posé, même dans les moments de pression.

Un responsable capable de corriger calmement, sans humilier, envoie un message clair : la fonction qu’il exerce est au service du travail, pas de son ego.

Dans ces environnements, les erreurs deviennent des occasions d’apprentissage plutôt que des moments de honte.

Le savoir-vivre comme limite intérieure

Crédit: Mikhail-Nilov / Pexels

Le savoir-vivre professionnel ne se résume pas à être poli. Il consiste à comprendre que la position d’autorité exige une maîtrise de soi accrue.

Plus une personne possède du pouvoir, plus ses paroles et ses gestes doivent être réfléchis. L’autorité devient véritablement légitime lorsqu’elle protège la dignité de ceux qu’elle dirige.

On reconnaît souvent un leadership solide non pas à la manière dont une personne commande, mais à la manière dont elle corrige.

Une autorité qui humilie finit par affaiblir ceux qu’elle dirige. Une autorité qui respecte construit des personnes capables de progresser.

Dans toute organisation, la vraie force ne se mesure pas à la capacité de faire taire les autres, mais à la capacité de les faire grandir.

 

Car l’autorité qui humilie finit toujours par isoler.
Celle qui respecte construit des équipes qui osent penser, proposer et grandir.

 

© Jean Édouard Guerrier – Connaître et Grandir – 2025
Tous droits réservés.

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.